De t'émerveiller

Merveilleuse nature

Pourquoi nous est-il si difficile de capter, dans ses détails comme dans son ensemble, la nature qui nous entoure ? Trop proche ? Trop ordinaire ? Pas assez spectaculaire ? Toutes ces petites merveilles sont devenues invisibles à force de les voir…

Happés par les nécessités du quotidien, par des urgences qui n’en sont pas toujours, des images qui en sont bien, envahissantes, spectaculaires, omniprésentes…nous laissons filer les graines de la vie entre nos doigts en oubliant de les resserrer pour en ralentir la fuite…

N’est-il plus possible de prendre le temps de la curiosité et de la contemplation ? Sous nos yeux, la nature, celle sauvage qui nous échappe, nous indiffère, nous surprend, nous émerveille, nous dérange et nous inquiète aussi ; celle plus ou moins domestiquée, cette nature secrète qui gardera toujours son voile de mystère…

A l’infini diversité du vivant, s’ajoutent le balancement saisonnier des paysages. Les arbres bourgeonnent, s’habillent puis se dénudent, leur feuillage printanier s’embrase à l’automne avant d’aller nourrir le sol….

Quêtes alimentaires, urgences amoureuses, progénitures affamées, métamorphoses mystérieuses, déplacements, disparitions…rythment la vie des animaux.

Fécondées les fleurs offrent leurs fruits aux quatre saisons du jardinage et du monde sauvage.

Chemin creux, fossés et talus, parcelles cultivées et pâtures entourées de haies, trognes de charme et de chêne, fruitiers, bois, mares, jardins qui distillent au fil des saisons ses inestimables trésors : nid de merle dissimulé dans la ramure du sureau, cerises, pommes ou prunes dégustées avec délice dans le fruitier prestement escaladé, noisettes ramassées à  foison dans les haies buissonnantes, châtaignes grignotées crues, glands amassés…mais c’est aussi les tictictictic des merles allant se coucher au crépuscule, les premiers roucoulements de la tourterelle des bois à son retour d’Afrique, la floraison immaculée des poiriers et celle des aubépines, le citron aspirant, ailes repliées, le nectar des pulmonaires, le parfum de menthe près des sources limpides, le vol des bourdons dans les trèfles en fleur, le gazouillement des hirondelles, les guêpes et les frelons occupés sur les poires juteuses du potager, le lièvre discrètement caché dans les herbes du vergers, la chevêche perchée sur la branche d’un pommier à cidre…

La nature est fugace et fragile, sa diversité menacée de toute part. Laissons-nous porter à la contemplation et au respect de ces « petits riens » de la nature qui sont tout un monde, notre monde !

Dominique Mansion du livre « cette nature secrète qui nous entoure » 1993

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